Bienvenue sur arevako.com. Chaque jour, un poème inédit pour enchanter la vie. 
Stéphane Bataillon.

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Lorsqu'on a pressenti, rien qu'une fois, l'immensité de notre aventure humaine, on peut se demander ensuite quelle force nous retient dans l'étroit. Quelle force est là, qui fait que nous poursuivons quand même la route sans fomenter des boulversements et sans abattre les murs ?

La poésie - si elle s'inscrit en nous -, tout en admettant de nous regarder cheminer, nous délivre.

Parfois, se mirant dans l'un de nos destins, elle nous découvre son envers terrestre qui est l'amour. Alors, malgré les tiraillements, nous nous sentons sauvés; et en réalité nous le sommes, sauvés, ici et ailleurs.

Andrée Chédid, Terre et poésie, 1956

***

Les contes de fées c'est comme ça. Un matin on se réveille. On dit : « Ce n'était qu'un conte de fées... » On sourit de soi. Mais au fond on ne sourit guère. On sait bien que les contes de fées c'est la seule vérité de la vie.

Antoine de Saint-Exupery, Lettre à une inconnue

***

Paris, le 17 février 1903.


Cher Monsieur,

(...) Il n'est qu'un seul che­min. Entrez en vous-même, cher­chez le besoin qui vous fait écrire : examinez s'il pousse ses racines au plus profond de votre coeur.

Con­fessez-vous à vous-même : mour­riez-vous s'il vous était défendu d'écrire?

Ceci surtout: demandez­-vous à l'heure la plus silencieuse de votre nuit: « Suis-je vraiment con­traint d'écrire? »

Creusez en vous-­même vers la plus profonde réponse.

Si cette réponse est affirmative, si vous pouvez faire front à une aussi grave question par un fort et simple:  « Je dois », alors construisez votre vie selon cette nécessité.

Votre vie, jusque dans son heure la plus indifférente, la plus vide, doit devenir signe et témoin d'une telle poussée.

Rainer Maria Rilke, Lettres à un jeune poète


***

Faire toujours plus fort, plus aigu, plus raffiné, toujours plus absolu avec au bout l'idée du chef d'œuvre suprême, qui serait fait d'une ligne et de vide.
Nicolas de Staël

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(La poésie c'est) chercher sans fin l'unique, l'indicible phrase qui nous apaiserait pour toujours.

Valérie-Catherine Richez

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L'art est une blessure qui devient lumière
Georges Braque

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Lire un morceau de poésie contemporaine vraie (...) même en un temps aussi prosaïque que le nôtre, c'est ajouter un fil à la toile très courte de notre vie. (...) Peut-être est-ce plus vrai encore de la poésie. Elle nous rafraîchit si l'on peut dire ; elle accroit notre force vitale. Mais bien rares sont aujourd'hui les morceaux de cette sorte.

Léopardi, 1er février 1829

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On écrit d’abord pour se connaître, puis pour se reconnaître, enfin pour se disculper.
René-Guy Cadou

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Le poème est l'amour réalisé du désir demeuré désir.
René Char

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Il m’a semblé parfois (mais quelles chimères n’invente-t-on pas, presque honnêtement, pour justifier ses limites !) que ma plus vraie vie, ma seule vraie vie, n’était faite que des moments pour lesquels j’avais cru trouver une expression un peu juste ; comme si devenir poésie, si peu que ce fût, leur conférait plus de réalité, ou, plus précisément encore, les révélait, les fixait, les accomplissait. Sans doute survivaient-ils déjà d’une certaine manière dans le souvenir ; mais la parole leur ajoutait quelque chose qu’elle était seule à pouvoir leur donner, une valeur, et une espèce de privilège. (Sans doute ces moments ne me semblaient-ils pas arrachés au temps pour la simple raison qu’ils pourraient me survivre, si les poèmes étaient beaux. Car enfin les œuvres qui nous paraissent les plus assurées de durer ne sont encore que de très fragiles feuilles de papier, qui brûleront ou moisiront un jour. Mais comment expliquer ce que l’on ne ressent que confusément, encore que profondément ? Disons qu’il ne s’agirait pas de prolonger son nom au-delà de la mort, ni même de le faire durer des moments fugitifs ; mais plutôt de donner à ces moments fugitifs une sorte de forme spirituelle — et forme est encore mal dire ; ainsi le parfum de la violette de mars, qui fanera pourtant, semble creuser un couloir ténébreux et velouté dans le mur du temps et s’ouvrir brusquement sur ce qui n’a plus ni nom, ni parfum, ni saison).

 Philippe Jaccottet
Observations et autres notes anciennes, 1947-1962, Gallimard, 1998, p. 37-38.


***


Non, pour toute la beauté,
jamais je ne me perdrai,
sinon pour un "je ne sais"
que l'on trouve d'aventure.

Saint Jean de La Croix


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